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Chantiers en cours

Chantier en cours, rue des hospices

Le site rue des Hospices/rue Derrière-la-Tour a fait l’objet d’un diagnostic réalisé par le service archéologique municipal à l’automne 2015 qui a permis de mettre en évidence les témoignages du développement urbain de Valenciennes depuis ces origines jusqu’à nos jours.

L’occupation humaine du site débute au XIe siècle par d’importants apports de remblais et le creusement de fossés visant probablement à assainir un terrain particulièrement humide, encore soumis aux crues de la Rhônelle. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle et au début du siècle suivant, trois bâtiments maçonnés en calcaire et en grès sont construits légèrement en retrait de l’actuelle rue Derrière-la-tour. Si ces habitations n’ont pu être entièrement observées, la qualité des matériaux employés, le soin apporté à leur mise en œuvre, témoignent du prestige social de leur propriétaire. Si l’attribution d’un édifice à une personne précise s’avère être un exercice délicat à ce stade des recherches, il est difficile d’ignorer la mention de Simon le Boucq plaçant l’hôtel de Jean Bernier, prévôt du Comte de Hainaut Guillaume 1er dans ce secteur. La maison est surtout connue dans l’histoire valenciennoise pour avoir accueilli en 1334, un grand banquet auquel participèrent les rois Philippe III de Navarre et Jean 1er de Luxembourg, roi de Bohème. En 1338, les Bernier, accusés d’intelligence avec le roi de France et de sorcellerie furent bannis et leurs biens confisqués.

En 1432, la fondation, à cet endroit, de l’hôtel-Dieu de Valenciennes entraîne la construction d’une vaste salle des malades le long de l’actuelle rue des Hospices. Malgré les destructions contemporaines, l’opération archéologique a permis de recueillir des données inédites quant au plan de cette salle mais également sur les aménagements de confort (caves, cheminées, latrines), nécessaires au bon fonctionnement de l’hôpital. On remarquera que cet édifice possède une place particulière dans l’histoire de l’architecture hospitalière médiévale. En effet, celui-ci est souvent considéré comme le principal modèle des hospices de Beaune fondés en 1443. S’il est avéré que le premier règlement de l’hôpital bourguignon fut inspiré de celui de Valenciennes, l’hypothèse d’une influence architecturale reste toutefois à démontrer.

Après la Révolution, l’Hôtel-Dieu, perd progressivement la plus grande part de son patrimoine bâti. La salle des malades, détruite après 1864, cède la place au passage Boca qui  reliait la rue Derrière-la-Tour à la rue des Hospices. Ce dernier, ainsi que  les derniers vestiges des bâtiments médiévaux et modernes conservés en élévation sur le site ont été démontés au cours du premier semestre 2015.

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Bâtiment en grès (XIIIe-XIVe siècle)